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Le Démocrate Idéaliste Rebelle[s]

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Actualité, Débat, Reconstruction Politique, Philosophie, Ethnologie, Economie, Handicap et Divers c'est le programme que vous aborderez chaque jour en suivant le blog ! Je suis à l'origine de la création de la revue de philosophie de METZ "Le Jardin" et participe à la rédaction de Rebelle[s], magazine bimestriel national. Je souhaite faire de ce blog, un lieu de débat. Il a pour but d'ouvrir plusieurs pistes de réflexions sur des questions politiques, ainsi que publiques qui engagent l'avenir de la société Française et Européenne. Une façon de reprendre notre destin en main pour un auteur idéaliste qui voit le monde se plaire dans le désenchantement du monde.


La taxe Tobin

Publié par De Bona Stéphane sur 29 Décembre 2014, 19:40pm

Catégories : #Economie

La taxe Tobin

Ecrit en 2009

 

Depuis quelques jours, les marchés financiers sont à nouveau nerveux. Les derniers indicateurs du marché immobilier américain font douter les économistes concernant la force de la reprise de la croissance en 2010. Il faut dire également que la vitalité de la reprise à la hausse des marchés financiers a été particulièrement impressionnante depuis le début de cette année. Le marché boursier a besoin d'une pause, d'une consolidation salvatrice pour permettre à l'économie de s'appuyer sur des fondamentaux financiers sains. On peut se demander alors si une taxe Tobin n'aurait-elle pas pu calmer les marchés ces derniers jours ?

 

Pourquoi la taxe Tobin renaît-elle de ses cendres ?

 

A l'occasion des G 20 et de la campagne européenne, la taxe Tobin a refait une apparition furtive. On peut dire qu'elle fait son retour sur le devant de la scène, à chaque grande crise financière, à chaque éclatement de bulle (en 1987, en 2000 et 2009). Inventée en 1972 par le prix Nobel d'économie James Tobin, cette taxe est devenue l'obsession des organisations altermondialistes, mis depuis peu elle fait des émules mêmes si les plus libéraux. Son rôle est de taxer chaque transaction financière à un niveau plutôt faible et doit inciter les plus spéculateurs affaissés des mouvements d'aller et retour qui déstabilise les marchés. Dernièrement, elle a trouvé un défenseur pour le moins étonnant, le chef de l'autorité britannique des services financiers (F. S. A.) Adair Turner, a prêché pour son instauration, afin d'éviter une reprise en feu de paille. Le président de la commission européenne José Manuel Barroso, pourtant peu connu pour son interventionnisme et son envie de régulation, a lui aussi expliqué qu'il militerait pour la mise en place d'une telle taxe. Pourtant, c'est à ne rien y comprendre Corinne Lepage avait proposé son instauration dans le paquet écologique et les parlementaires socialistes européens ont voté contre. Les failles que la finance mondiale a laissé apparaître aux yeux de tous les concitoyens d'Europe lors de cette crise financière ont amené beaucoup d'analystes à se poser des questions sur un nouveau modèle, plus moral. La taxe Tobin en devient le symbole, au même titre que la question des bonus bancaires, et pourtant rien !

 

Pourquoi doit-on taxer les transactions financières ?

 

James Tobin était un économiste de tendance keynésienne, devenu prix Nobel en 1981. Sa fameuse taxe lui a valu une belle notoriété, alors qu'elle ne fut jamais mise en place jusqu'à maintenant. Il fut pourtant l'un des conseillers économiques du gouvernement de John Fitzgerald Kennedy. Il décède en 2002. En 2001 il avait déclaré qu'il n'y avait « aucune chance » que sa taxe fut mise un jour en place, car « les acteurs décisifs de la scène financière internationale sont contre ». À cette époque, ils sont de moins en moins nombreux pourtant à s'y opposer, mais cela ne devrait pas changer le destin de son idée, car l'instauration de celle-ci dans une seule nation ne servirait à rien. Pourtant s'il avait décidé de taxer les transactions financières, ce n'est pas par dogmatisme, mais bien parce que, selon lui, cette mesure permettra non seulement de récolter de l'argent, mais surtout, ce qu'il considérait déjà, dans les années 70, comme un ennemi de l'économie réelle : la spéculation financière. Pour lui, il n'est pas question d'interdire la bourse ou d'entraver les marchés financiers, mais simplement de ne mieux les réguler. Il pense que cette taxe permettra de trier le bon grain de l'ivraie si on la fixa un taux raisonnable (il avait d'abord donné l'exemple de 1 %, avant d'envisager des niveaux bien plus faibles, en retenant enfin 0,0 25 %). Son objectif est simple : pénaliser durement les spéculateurs s'en faire fuir les investisseurs utiles au bon fonctionnement de l'économie. Cette taxe ne pénalisera que peu l'investisseur qui place son épargne à long terme dans le but d'aider une entreprise qu'il connaît bien et soutient. Si l'on investit ainsi 10 000 € en bourse ou dans une entreprise non cotée et que l'on applique une taxe semblable à celle de Tobin, le prix à payer pour s'acquitter de ce nouvel impôt ne serait que de 25 €, pas grand-chose par rapport à la mise de départ. Cette idée répondrait notamment aux questions relatives aux grands mouvements sur les devises. Certains spéculateurs ont réussi (bien après l'idée Tobin) à faire trembler l'économie asiatique entière en 1997, bien avant les suprimes.

 

Pourquoi cette mini-taxe n'a-t-elle jamais été mise en place ?

 

C'est avant tout la force des lobbys financiers qui l'en empêchent. Ils sont logiquement hostiles à cette taxe, qui viendrait empiéter sur leurs bénéfices et freinerait une partie de leur activité. Les grandes banques américaines et mondiales estiment avoir besoin de la spéculation pour exister. Selon eux, si un pays se mettait seul à l'appliquer dans son coin, il serait mis à l'index par le reste du monde, et les investisseurs préféreraient aller jouer ailleurs. Ce serait une véritable catastrophe pour le pays, qui verrait tous les fonds fuir à l'étranger et laisserait le pays exsangue. L'économie mondialisée impose que cette taxe soit mise en place partout, ou nulle part. Si un simple pays peut tout faire échouer, il est fort à parier que cette taxe ne voit jamais le jour malgré ce grand effet de mode.

Taxe Tobin Européenne

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