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Le Démocrate Idéaliste Rebelle[s]

Le Démocrate Idéaliste Rebelle[s]

Actualité, Débat, Reconstruction Politique, Philosophie, Ethnologie, Economie, Handicap et Divers c'est le programme que vous aborderez chaque jour en suivant le blog ! Je suis à l'origine de la création de la revue de philosophie de METZ "Le Jardin" et participe à la rédaction de Rebelle[s], magazine bimestriel national. Je souhaite faire de ce blog, un lieu de débat. Il a pour but d'ouvrir plusieurs pistes de réflexions sur des questions politiques, ainsi que publiques qui engagent l'avenir de la société Française et Européenne. Une façon de reprendre notre destin en main pour un auteur idéaliste qui voit le monde se plaire dans le désenchantement du monde.


La parenté dans le monde

Publié par De Bona Stéphane sur 2 Janvier 2015, 21:32pm

Catégories : #Ethnologie

Citations de Claude Lévi-Strauss

Citations de Claude Lévi-Strauss

1.    Système de parenté

 

Le problème de la parenté est né au XIXème siècle avec la parution de l'ouvrage de Sigmund Freud, « Totem et Tabou ». Freud vulgarise sa théorie du complexe d'Œdipe au monde entier. Sa pensée systémique consacre la famille patriarcale en modèle universel. Pourtant, la famille patriarcale est loin d'être le seul model. Une polémique intense ou heuristique s'engage à distance entre l'ethnologue Bronislaw Malinowski et Sigmund Freud. Malinowski démontre que la sexualité à une fonction sociale dans les sociétés primitives. Aujourd'hui pourtant l'ethnologie et la psychanalyse se rejoigne.  

 

2.    Définition générale de la famille

 

La famille est la cellule ou une unité sociale de création et de procréation ainsi que d'éducation. Elle implique un système de parenté propre à chaque ethnie. Elle peut être cernée grâce à 6 composantes caractéristiques :


-la filiation de descendance

 

      On distingue des descendances patrilinéaires et d'autres matrilinéaires. En Afrique plusieurs modèles sont disponibles, c'est en effet le patriarcat qui domine mais le matriarcat existe aussi. On peut aussi rencontrer le matriarcat où le père n'est qu'un élément rapporté de la famille, c'est alors l'oncle utérin qui protège la mère et fait office de référent masculin pour les enfants. 

Pour les familles musulmanes, c'est le père qui gère la famille et l'ainé des fils a un avantage dans tous les domaines de l'éducation. Les filles sont à la fois sous la tutelle du père et du fils ainé. Les sociétés où la loi coranique domine ne donnent aucune place légale aux femmes sans l'autorité du mari (cf. sourate II).

    

-les règles d'alliance

 

      Il existe 3 modes d'alliance. Le premier est l'alliance avec soi : on épouse son frère ou sa sœur. Dans l'Egypte antique, c'était un lien divin qui repoussait le mal et garantissait d'aller au paradis. Ce fut interdit à partir du IXème siècle par l'Islam. Le deuxième mode est l'alliance avec d'autres que soi. C'est le système d'échange des femmes par les hommes que reconnaît Claude Lévi-Strauss, mais ce peut être aussi le contraire. Dans ce cas, les femmes sont souvent plus exigeantes en ce qui concerne la dote et la qualité de l'époux. Dans d'autres  ethnies, on donne sa fille ou son fils pour en avoir un autre C'est une garantie sociale de protection. Quand les échanges sont effectués dans les deux sens, les familles se doivent aide et protection. Le dernier mode, enfin, est le « mariage arabe ». La première femme doit être la fille du frère de son père, la seconde est la cousine du côté maternel, la troisième est une parente dans la tribu, et la quatrième doit  être étrangère à la tribu. Les quatre femmes doivent bénéficier des mêmes attentions du mari.

 

    -la résidence

 

      Dans les sociétés patrilinéaires, la femme va vivre chez l'homme qui vit lui-même chez son père. Dans les sociétés matrilinéaires, c'est le contraire. En occident, le couple vit seul.  

 

-une terminologie propre à chaque peuplade

 

      Dans chaque peuplade ou ethnie, le vocabulaire relatif à la famille peut être différent. Par exemple, en Polynésie Française, le terme de cousin n'existe pas puisqu'il n'y a que des pères ou que des mères. La sœur de ma mère est aussi ma mère, et de même du côté du père. Dans les sociétés matrilinéaires, le père n'a aucune fonction symbolique.

   

-la définition de l'enfant et comment le fait-on ?

 

      Il y a deux façons d'aborder le sujet : la façon biologique et la façon sociologique. L'enfant est conçu de façon symbolique. Dans le système patriarcal, l'enfant est la propriété du père, puisqu'il descend uniquement de son sperme. La femme n'est qu'un sac. Dans le système du matriarcat, l'enfant n'est que le résultat du sang menstruel de la femme. Les hommes sont donc  faits du sang des femmes. Dans la plupart des sociétés africaines, c'est une naissance est une réincarnation d'un ancêtre. On doit sauver l'âme de son ancêtre pour qu'il puisse gagner le ciel.

 

     -Les interdits sexuels

 

      Chez l'être humain, la sexualité est dite généralisée : elle ne dépend pas du temps et des saisons. Nous avons une sexualité de représentation intérieure, c'est une anticipation avec la tête. La sexualité revêt un caractère polymorphe ou poly-trope. La sexualité polymorphe refoule une partie de nous-mêmes (l'homosexualité) pour assurer la descendance. Le terme poly-trope signifie qu'il n'y a pas d'interdit.

      Les interdits sexuels sont définis selon les ethnies. Dans certaines tribus, l'homosexualité est collective (il n'y a pas de choix, elle fait partie de l'éducation) et elle construit la masculinité. Dans d'autres, comme les pays musulmans, elle est totalement interdite et souvent passible de la peine de mort.

 

D'un point de vue sociologique, la famille en situation d'immigration ne peut pas être définie uniquement par les caractères vus précédemment. Elle doit vivre avec plusieurs systèmes de pensée : le premier est le refoulement total de la tradition culturelle. La famille veut vivre dans la culture du pays accueillant, répondant ainsi au souhait de l'état désirant un immigré transparent. Le deuxième : la famille vit avec ses références culturelles et doit intégrer celle du pays accueillant. La troisième : elle forme une nouvelle entité culturelle, elle mélange les deux cultures et souhaite avoir une reconnaissance dans les deux communautés. La quatrième : la famille est sujette au regroupement familial. Elle vit alors généralement comme une famille monoparentale avec des repères culturels non définis ; le plus souvent, on assiste à une déstructuration de la cellule familiale et, dans le meilleur des cas, c'est l'ainé des enfants qui fait autorité.

Notre politique d'immigration des années 70 trouve ses limites : nos logements sociaux construits à la va vite pour accueillir les ouvriers n'ont pas incité à la mixité sociale mais, au contraire à l'élaboration d'un code des banlieues, comme aux Etats-Unis  propice à la délinquance et au refus d'autorité.

Claude Levi Strauss et l'étude des liens de parenté

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