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Le Démocrate Idéaliste Rebelle[s]

Le Démocrate Idéaliste Rebelle[s]

Actualité, Débat, Reconstruction Politique, Philosophie, Ethnologie, Economie, Handicap et Divers c'est le programme que vous aborderez chaque jour en suivant le blog ! Je suis à l'origine de la création de la revue de philosophie de METZ "Le Jardin" et participe à la rédaction de Rebelle[s], magazine bimestriel national. Je souhaite faire de ce blog, un lieu de débat. Il a pour but d'ouvrir plusieurs pistes de réflexions sur des questions politiques, ainsi que publiques qui engagent l'avenir de la société Française et Européenne. Une façon de reprendre notre destin en main pour un auteur idéaliste qui voit le monde se plaire dans le désenchantement du monde.


La vérité chez Nietzsche

Publié par De Bona Stéphane sur 3 Mars 2015, 22:00pm

Catégories : #Philosophie

La vérité chez Nietzsche

La vérité, une idée métaphysique

 

L'idée de vérité chez Nietzsche est pour ainsi dire un mensonge. On pourrait résumer la pensée de Nietzsche sur ce sujet par une phrase : “La vérité n'existe pas. L'idée de vérité se rattache à la métaphysique qui est la recherche de l'essence première, en résumé la recherche d'un Dieu et celle d'un absolu. Nietzsche, qui se déclare un anti-métaphysicien convaincu dans le § 125 du “gai savoir”, proclame la mort de Dieu : “Dieu est mort ! Dieu reste mort ! et c'est nous qui l'avons tué”. Il réitère cette affirmation dans “Le crépuscule des idoles”.

 

En m'appuyant sur différentes notions, je vais expliciter la pensée de Nietzsche en rapport avec l'idée de vérité.
 
La hiérarchie 

 

On ne peut pas qualifier Nietzsche de chercheur de la vérité. Pour lui, c'est une tromperie, un résidu de métaphores comme il l'affirme dans “Vérité et mensonge au sens extra-moral”. La vérité est une vue de l'esprit qui permet à l'homme de se structurer et de désigner par le langage un signifié. Elle n'est qu'une procédure de langage et Nietzsche opère alors une démystification de l'idée de profondeur et montre que la recherche du fondement des choses n'est rien d'autre qu'une illusion. Surface, profondeur et essence ne sont rien d'autre, pour Nietzsche, que des métaphores mensongères qui hiérarchisent la réalité. La vérité peut donc se raccrocher à la connaissance qui n'est pas autre chose, comme Nietzsche l'exprime dans “la généalogie de la morale”, que la ruse des faibles pour dominer les forts.
 

La vérité chez Nietzsche, c'est également faire l'éloge du faible contre le fort en renforçant l'idée de valeur morale qui, pour lui, sont des valeurs de tromperie, afin de garantir la volonté de puissance à laquelle tout homme aspire.

 

 Le renversement des valeurs

 

Pourquoi l'homme voudrait-il la vérité? Vaut-elle même d'être cherchée? Ne peut-on pas lui opposer des valeurs plus hautes : la vie par exemple? Telles sont les questions que Nietzsche osa se poser, ce qui montre indirectement le caractère moral de la vérité puisqu'elle exclut d'emblais l'erreur. Mais, comme Nietzsche le dit lui-même, l'homme peut vouloir l'erreur, ce qui peut lui garantir indirectement le plaisir, le pouvoir, etc... même si cela lui fait parfois perdre sa dignité d'homme. En somme la vérité ne serait que l'affirmation des valeurs traditionnelles de la morale, de la science et de la religion. Elle apporterait un cadre, pour Nietzsche, perpétuellement favorable aux faibles afin de garantir leur domination sur les forts. En se basant sur les écrits de Nietzsche, tels que “Le crépuscule des idoles”, “Vérité et mensonge au sens extra-moral” et “La généalogie de la morale”, on se demande s'il ne pense pas tout simplement que la vérité n'est pas un mensonge favorable aux faibles, et si un renversement des valeurs ne pourrait pas rendre justice à la nature : ramener les forts au pouvoir.

 

 Mais n'est-ce pas là le début d'une théorie fasciste ou nazie? Cette idée peut être renforcée par la citation de Nietzsche : “L'esclave est la condition de toute civilisation supérieure, de tout progrès en civilisation”. C'est en s'appuyant sur des citations telles que celle-ci et les idées de surhomme et de volonté de puissance que les nazis ont pu mettre en pratique leur système totalitaire. Mais en aucun cas sur l'idée de vérité Nietzschéenne puisque ces régimes, lorsqu'ils affirment détenir la vérité, arrivent à démanteler par eux-même leur propre système, ce qui rend grâce à Nietzsche et montre bien que la vérité n'est qu'une illusion.

 

Ma vérité n'est peut-être pas celle de mon voisin et inversement.
 

 L'homme serait-il un demi-Dieu ?
 

L'homme qui affirmerait détenir la vérité serait proche de Dieu. On comprend bien alors que Nietzsche ne peut donner aucun crédit à ce que les hommes appellent vérité, car prouver l'existence de la vérité serait prouver l'existence de Dieu, et Dieu alors ne serait plus mort : on l'aurait ressuscité. En évacuant les idées de vérité et de Dieu, Nietzsche a tout de même ouvert le champ de tous les possibles. Comme dirait Dostoïevski : “Si Dieu est mort, alors tout est permis”. Nietzsche a bien compris qu'en remettant en cause l'idée de vérité, il touche à l'un des fondements majeurs de notre société : la morale. Comment peut-on juger un comportement moral ou immoral? Car la morale dépend certainement de l'idée que la société se fait d'une chose. Je donnerait simplement comme exemple, le fait d'avoir un enfant hors mariage : avant les années 1970, ce fait était considéré comme totalement immoral, ensuite il fut toléré et de nos jours il est revendiqué comme un droit. Par cet exemple, on peut voir que ce qui peut être vrai aujourd'hui peut être faux demain.
 

 La pensée nihiliste

 

L'absence de vérité aide Nietzsche en premier lieu à mettre en place le concept de nihilisme puisque sans vérité, il n'y a pas de fin dans ce monde. Ce concept correspond à la décadence et à la régression des forces spirituelles que Nietzsche croit observer en Occident. Le nihilisme est la destruction et la transmutation des valeurs traditionnelles essentiellement chrétiennes qui créera selon lui, un nouveau monde où s'affirmera “la puissance accrue de l'esprit”. La fin de l'idée de vérité rend vraisemblablement plus forte l'idée de liberté dont Nietzsche est sans doute l'un des défenseurs. En partant de ce constat, je pense pouvoir affirmer que Nietzsche rejette la vérité car il la perçoit comme un carcan qui empêcherait les esprits libres et indépendants de s'exprimer dans une société de faibles qui établissent des règles pour se protéger.

 

 En conclusion, je serai pour une fois un défenseur de la pensée de Nietzsche, car celui-ci en refusant l'idée de vérité, renforce le doute méthodique cartésien  et ouvre à la science des horizons inexplorés, puisque celle-ci peut se permettre de penser le caractère technique avant la morale alors qu'auparavant  ces deux concepts étaient inversés.
 

Mais ne jetons tout de même pas la morale au rebut, car elle peut empêcher une société de partir totalement à la dérive et de basculer dans l'horreur. De plus, on peut se rendre compte que la morale reste une valeur modulable à travers le temps et les générations. Un changement de pouvoir par le biais d'une idéologie peut rendre une vérité fausse et inversement. Enfin, on peut dire que le concept de vérité n'est basé que sur des syllogismes qui ne sont qu'un raisonnement déductif formé de trois propositions : deux prémices et une conclusion  (par exemple :tous les hommes sont mortels; or Socrate est un homme; donc Socrate est mortel) .
 La vérité n'existe pas. Elle est perçue différemment par chacun, et ainsi elle nous est propre.    

 

Luc Ferry : Nietzsche (Parenthèse Culture)

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Commenter cet article

Micout 07/10/2015 14:43

D'emblée plutôt que d'emblai... ?

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