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Le Démocrate Idéaliste Rebelle[s]

Le Démocrate Idéaliste Rebelle[s]

Actualité, Débat, Reconstruction Politique, Philosophie, Ethnologie, Economie, Handicap et Divers c'est le programme que vous aborderez chaque jour en suivant le blog ! Je suis à l'origine de la création de la revue de philosophie de METZ "Le Jardin" et participe à la rédaction de Rebelle[s], magazine bimestriel national. Je souhaite faire de ce blog, un lieu de débat. Il a pour but d'ouvrir plusieurs pistes de réflexions sur des questions politiques, ainsi que publiques qui engagent l'avenir de la société Française et Européenne. Une façon de reprendre notre destin en main pour un auteur idéaliste qui voit le monde se plaire dans le désenchantement du monde.


Sexualité, mon grand déballage !

Publié par De Bona Stéphane sur 7 Mars 2015, 22:42pm

Catégories : #Divers

Ovidie en pensée

Ovidie en pensée

Lettre à Ovidie : La philosophe et l'art pornographique

 

Objet : Correspondance amicale et projet de travaux communs

 

Bonjour Ovidie,

 

Je m’appelle Stéphane, un jeune homme de 39 ans qui souffre d'un handicap moteur. Comme toi, j'ai fait des études de philosophie. Je t'ai découvert alors que nous étions tous les deux en cursus de philosophie, moi à Metz et au Luxembourg, et toi sans doute à Paris. J'ai également suivi un cursus d'ethnologie qui m'a permis d'aborder la question du corps dans les différentes cultures et d'apprivoiser le mien.

 

Aujourd'hui après une double maitrise dont je suis très fier, je travaille dans une mairie. J'ai eu la chance de vivre quelques histoires amoureuses, alors que beaucoup de mes camarades handicapés vivent une misère amoureuse et sexuelle difficile à supporter.

 

Je suis maintenant seul depuis trois ans et je comprends ce que l'on peut ressentir lorsqu'on est seulement enfermé dans le handicap. La misère sexuelle s'installe.

 

Depuis quelques années, j'ai le sentiment que la société recule. Les mentalités en matière de handicap et de liberté sexuelle sont dirigées vers l’intolérance. Les personnes handicapées sont considérées comme des anges (asexués) ou au mieux comme des enfants. Depuis peu, on recommence comme 20 ans en arrière à s'adresser à la personne qui m'accompagne dans la rue plutôt qu'à moi.

 

Comment les personnes handicapées sont-elles considérées dans le milieu du porno? J'aimerais faire ta connaissance et pourquoi pas construire une amitié, qui je l'espère pourra aboutir à des réflexions communes et peut-être un ouvrage littéraire ou cinématographique.

 

En attendant ta réponse, je continuerai à suivre ton blog (le ticket de Métro) qui d'une certaine manière contribue à ma réflexion sur le corps.

 

 Biographie

 

Ovidie, née le 25 août 1980, est une actrice (entre autres de films pornographiques de 1999 à 2002), réalisatrice, écrivain, productrice française. Elle démontre par ses engagements divers que l'on peut à la fois être une intellectuelle (elle est titulaire d'une licence de philosophie) et ne pas négliger les plaisirs du corps. Son univers est très gotique, parfois même un peu macabre, mais toujours très esthétique. Elle désire faire du porno un art. Ovidie met des mots sur un métier que la société considère comme dégradant et humiliant pour les femmes. Pourtant la liberté de pouvoir disposer de son propre corps et de jouir sans entrave reproche l'acte sexuel de l'œuvre d'art. Le plaisir du rapport amoureux fait connaître à l'être humain un instant d'extase (la petite mort), moment sublime qui l'unit à dieu, chose que l'artiste essai de reproduire lorsqu'il façonne son œuvre. La sexualité est une chose belle en soi, que l'homme et la religion ont pervertis en faisant de la femme un objet et en y ajoutant la notion du péché. Lorsque faire l'amour est librement consenti par les partenaires, cet acte est l'un des moments de partage et de paix, le plus intense que peut connaître l'ensemble de l'humanité sur terre. La découverte de l'amour et de la relation amoureuse est l'un des meilleurs temps de la vie. Il est proche du sentiment d'harmonie que l'on éprouve lorsque nous regardons une œuvre d'art. C'est certainement qu’Ovidie, philosophe et pornographe souhaite retranscrire dans ses livres et ses films.                 

Hardeuse et fière de l'être, Ovidie a choisi sa carrière. Elle n'a pas connu la misère financière ou affective et elle ne se considère pas comme une «nymphomane furieuse».

 Elle est contre l'idée que le porno pervertit les mœurs et souille les âmes : elle utilise d'ailleurs sa voix pour faire entendre que le porno est un moyen d'avoir «une image positive et forte de son propre corps et de son propre sexe ». C'est pour ces raisons qu'elle est considérée comme «l'intello du X» - mais aussi parce qu'elle a fait des études de philosophie.

Elle est l'une des rares actrices à refuser certaines pratiques et à imposer le port du préservatif sur les tournages. A côté de sa carrière d'actrice pornographique, elle est l'auteure du livre Porno Manifesto, qui dénonce les idées reçues sur le monde du cinéma pornographique, ainsi que certaines dérives du mouvement féministe. On lui doit aussi Osez tourner votre film X et Osez découvrir votre point G aux éditions la Musardine, ainsi que In Sex We Trust et Films X : y jouer ou y être? 

Elle milite par ailleurs pour diverses causes, parmi lesquelles le SCALP (libertaire) ou l'interdiction de la fourrure. Elle est végétalienne et straight edge (pas de drogues, pas d'alcool, pas de sexe sans relation durable). Elle demande également la création d'un statut unique pour les travailleuses du sexe.

Elle remporte diverses récompenses (Hots d'or, Awards...) en tant qu'actrice et réalisatrice (Lilith, porno féministe).

Du porno, maintenant qu'elle a presque arrêté, elle garde plutôt de bons souvenirs :

 «Les regards des gens l'auront plus dérangée que la pratique du métier».

En 2006, elle réalise son premier film documentaire non pornographique :

«Qui a peur du grand méchant loup? Enquête sur les désirs politiquement incorrects». Le sujet?

«Nos fantasmes sont-ils toujours politiquement corrects ? Correspondent-ils nécessairement à nos opinions éthiques ou morales ? Peut-on à la fois être anti-militariste et focaliser son désir sur les uniformes ? Peut-on être libertaire et être sexuellement fasciné par l'ordre et l'autorité ?» Plus intello que jamais, Ovidie compte bien poursuivre dans cette voie.

 

Le statut des prostituées

 

Le 13 avril 1946, la loi Marthe Richard, du nom de la conseillère municipale de Paris qui l'a élaborée, est votée par le gouvernement provisoire. Elle impose la fermeture des maisons closes en France. 20 000 femmes environ sont concernées par cette loi et près d'un millier de maisons de tolérance ferment leurs portes. Depuis cette période « les filles de joie » n'ont plus aucun statut social. Plusieurs gouvernements de droite comme de gauche durcissent la législation voulant par ce moyen faire disparaître la prostitution. Je peux dire aujourd'hui, que c'est un vœu pieux ! Nous ne pourrons jamais éradiquer le plus vieux métier du monde. Nous devrions plutôt rendre leur dignité aux péripatéticiennes en répondant rapidement à ces attentes.  

 

Nous exigeons :

 

- la reconnaissance de notre profession et la création d'un statut.
- l'ouverture de droits sociaux tels que la sécurité sociale, la retraite et le chômage...
- l'abrogation de l'article L50 de la loi sur la sécurité intérieure qui nous clandestinise et dégrade nos conditions de travail.
- le retrait de projet de loi du parti socialiste visant à pénaliser nos clients.
- une révision des lois sur le proxénétisme qui ne doivent plus empêcher les travailleuses du sexe de vivre en famille, de circuler librement pour les étrangères ou de louer un studio pour travailler, mais qui permette de combattre les violences, et l'extorsion de nos revenus. 
- l'abrogation des ordonnances de 1960 faisant des travailleuses du sexe des inadaptées sociales 
- la régularisation immédiate de toute les sans-papiers
- l'inscription de la puto-phobie dans la lutte contre les discriminations.
- le droit au changement d'état civil pour les transsexuels selon leur genre revendiqué.
- que les forces de l'ordre assurent notre sécurité et non l'inverse.

 

En conclusion,  j'estime que nous devons arrêter l’hypocrisie « on ne peut pas à la fois compter les revenus de la prostitution dans le PIB Européen, mais pénaliser les prostitués et les clients dans certains pays de l’Union». Nous devons trancher : «légaliser ou abolir le plus vieux métier du monde». La question est sensible, je ne suis pas apte à y répondre.  La prostitution est-elle vraiment un choix ? En ce qui concerne les personnes en situation de handicap, j’invoque simplement le droit au plaisir ! Peut-on faire la différence les assistants sexuels et les prostitués ? Nous devons dans ce cas, introduire les idées de don et contre-don. Je conseille à tous de visionner l’excellent film : The sessions. Je pense qu'en clarifiant la situation ou  donnant un statut l’égal à ces travailleurs et travailleuses du sexe, leurs offrant le droit de vivre dignement,  au final, c’est l'image de nos gouvernants  qui en sortiraient que grandis. 

 

Ovidie : Réalisatrice et écrivain

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