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Le Démocrate Idéaliste Rebelle[s]

Le Démocrate Idéaliste Rebelle[s]

Actualité, Débat, Reconstruction Politique, Philosophie, Ethnologie, Economie, Handicap et Divers c'est le programme que vous aborderez chaque jour en suivant le blog ! Je suis à l'origine de la création de la revue de philosophie de METZ "Le Jardin" et participe à la rédaction de Rebelle[s], magazine bimestriel national. Je souhaite faire de ce blog, un lieu de débat. Il a pour but d'ouvrir plusieurs pistes de réflexions sur des questions politiques, ainsi que publiques qui engagent l'avenir de la société Française et Européenne. Une façon de reprendre notre destin en main pour un auteur idéaliste qui voit le monde se plaire dans le désenchantement du monde.


Le déclin inconscient de notre civilisation

Publié par De Bona Stéphane sur 7 Décembre 2015, 12:31pm

Malala : Prix Nobel de la paix

Malala : Prix Nobel de la paix

Depuis l’entrée dans le XXIème siècle et les attentats du 11 septembre 2001, les prophètes du déclin de tout poil sont légions. Loin de renforcer l’Europe, nous nous crispons sur des actes d’un autre temps et nous succombons à la tentation nationaliste. Nous nous laissons submerger par des actions de terreur et répondons par un verrouillage et un contrôle accru de la société par les pouvoirs publiques nationaux. Nous pensons préserver nos valeurs par des réflexes de défense plutôt que par le perfectionnement et l’innovation. Cette attitude est contraire aux valeurs de progrès, de liberté et de fraternité qui sont les marques de la construction de l’Union Européenne. Le repli sur soi ne peut entrainer que déclin et obscurantisme.

L’importance de la mémoire et de la transmission

Dans son essai, La crise de la culture, Hannah Arendt ouvre son texte par la citation de René Char : « Notre héritage n’est précédé d’aucun testament », ce qui revient à dire l’équivalent de la maxime de l’extrême gauche : « Du passé, faisons table rase ». Comment peut-on construire un édifice solide sans fondation ? Cette question résume toute la problématique de notre société post moderne. Le magazine Clés, dans son numéro d’août 2015, titrait son focus perso  par « La mémoire est-elle encore utile ? » En effet, les nouvelles technologies ont rendu presque obsolète la mémoire humaine, mais pour construire un projet de société cohérent, il faut avoir un minimum de connaissances afin de pouvoir faire fonctionner notre imaginaire. De plus, faire appel à sa mémoire a demandé auparavant un apprentissage rigoureux inculquant à l’individu le gout de l’effort. Sans mémoire, effort et attitude positive dans une situation difficile, nous ne pouvons rien construire. Le débat entre Montaigne et Rabelais garde tout son sens : « Mieux vaut une tête bien faite qu’une tête bien pleine ». Aujourd’hui, nous souffrons de la paresse insidieusement transmise à nos contemporains par la mauvaise utilisation de la technique. Peu à peu, les nouvelles technologies ont remplacé l’apprentissage personnel des connaissances. Là où elles ne devraient être qu’un outil supplémentaire pour nous aider à structurer nos idées, elles sont devenues le support principal de notre mémoire. Le fait de ne plus l’utiliser réduit considérablement nos facultés de concentration et d’analyse.

Les conséquences de l’ignorance

La pensée nihiliste de Nietzsche dégage aujourd’hui une force que seul lui-même avait prévu : « ma pensée et mes textes ne seront compréhensibles qu’en l’an 2000 ». L’absence de connaissance ouvre la porte à l’obscurantisme. Nous creusons inconsciemment le fossé entre les élites ou les personnes qui se revendiquent comme tel et le peuple. La chanson du rappeur Soprano « ils nous connaissent pas » résume bien la situation : d’un côté une classe politique qui ne sait plus lire le monde et de l’autre une population dont la sémantique s’est appauvrie à tel point que les élites l’utilisent contre elle. Nous avons pris des mots pour les autres pour ne pas faire face au réel. Aujourd'hui, nous ne disons pas : "il est mort, mais il a disparu". C'est l’utilisation d’un mauvais vocabulaire qui déresponsabilise et infantilise la population. Dans ces conditions, nous ne pouvons plus avoir de dialogues même éristiques pour nous former une histoire commune. Nous façonnons peu à peu deux peuples distincts en créant un apartheid de la pensée et du savoir. En laissant s’installer deux mondes qui ne se rencontrent plus, nous préparons notre malheur. L’ignorance est facteur d’intolérance et conduit au rejet de l’autre, à l’inversion des valeurs et, in fine, à la destruction de notre monde moderne.

L’élaboration d’un nouveau monde

Grâce à la connaissance et à l’échange, nous sommes tous des politiques en puissance si nous arrivons à coordonner des actions collectives, ce que les politiques se gardent bien de nous dire. Pour remédier au déclin et à la renaissance inconsciente ou voulue de cette lutte  des classes nous devons remettre l’homme au centre du projet politique. Il ne faut plus laisser aucune catégorie de population au bord de la route, ce qui permettra de recréer des liens sociaux. Nous devons faire de la transmission des connaissances et de la réhabilitation de la mémoire les fers de lance de notre projet d’éducation. Il serait nécessaire de revenir à la pensée éducative de Victor Hugo : « Qui ouvre une école, ferme une prison ». Nous devons simplement faire la relation entre les savoirs d’hier et les découvertes d’aujourd’hui. En appréhendant la population dans son ensemble comme l’a préconisé Jean Zay, nous pourrions reconstruire l’Union Européenne en ouvrant les esprits à la diversité et en remettant en avant le mérite, la persévérance face à la facilité et à la destruction. Nous réussirons ainsi à mettre fin à l’inversion des valeurs et au dogme de l’argent « roi » qui est devenu l’alpha et l’oméga de l’existence. Il nous faut construire un projet de société qui respecte les différences  en Europe et dans le monde. Cette Union Européenne ne peut plus être une politique des petits pas ; nous devons nous jeter à corps perdu dans une organisation fédéraliste qui garantisse les libertés et la singularité culturelle des peuples qui la compose. Le déclin de notre civilisation et le malaise des peuples seront alors enrayés. 

 

Ils nous connaissent pas

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