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Le Démocrate Idéaliste Rebelle[s]

Le Démocrate Idéaliste Rebelle[s]

Actualité, Débat, Reconstruction Politique, Philosophie, Ethnologie, Economie, Handicap et Divers c'est le programme que vous aborderez chaque jour en suivant le blog ! Je suis à l'origine de la création de la revue de philosophie de METZ "Le Jardin" et participe à la rédaction de Rebelle[s], magazine bimestriel national. Je souhaite faire de ce blog, un lieu de débat. Il a pour but d'ouvrir plusieurs pistes de réflexions sur des questions politiques, ainsi que publiques qui engagent l'avenir de la société Française et Européenne. Une façon de reprendre notre destin en main pour un auteur idéaliste qui voit le monde se plaire dans le désenchantement du monde.


Prostitution, sécurité et liberté

Publié par De Bona Stéphane sur 9 Décembre 2015, 22:56pm

Catégories : #Divers

Prostitution, sécurité et liberté

Une fois n’est pas coutume, la présentation de ce sujet utilisera la première personne du singulier. En effet, il m’implique personnellement. Lors de mon parcours universitaire en ethnologie et philosophie, j’ai été impressionné par l’ouvrage d’Erving Goffman : « Stigmate » qui explique, en résumé, qu’une personne prostituée comme handicapée sera toujours stigmatisée, même en cas de réinsertion réussie. Elle sera, au mieux, utilisée comme porte-drapeau de sa condition ou donnée en exemple. J’ai alors décidé de faire un comparatif des deux situations et d’étudier la condition des prostituées dans le but d’écrire une monographie de cette « tribu » ethnologique du domaine français. Mes premiers contacts avec cette population, où j’ai trouvé protection, ont eu lieu lors d’une expédition rageuse de mon ex-père. Nous vivons tous dans l’ombre de quelqu’un.

Prohibition ou légalisation de la prostitution

On peut considérer l’acte de se prostituer de deux manières : les abolitionnistes le verront comme une forme d’esclavagisme moderne et les partisans de la légalisation prendront la prostitution comme plus vieux métier du monde, en référence. Si la prostitution est une forme d’esclavagisme, nous avons sans conteste affaire à une privation de liberté contraire à la Constitution française : « Les hommes naissent libres et égaux en droits ». Par contre, si nous estimons que l’acte de se prostituer est un métier, c’est l’état français qui est en faute, car il doit sécurité et dignité pour tous ses concitoyens.  Le 13 avril 1946, la loi Marthe Richard, du nom de la conseillère municipale de Paris qui l'a élaborée, est votée par le gouvernement provisoire. Elle impose la fermeture des maisons closes en France. 20 000 femmes environ sont concernées par cette loi et près d'un millier de maisons de tolérance ferment leurs portes. Depuis cette période « les filles de joie » n'ont plus aucun statut social. Elles se retrouvent dans la rue ou cachées dans des hôtels sordides, souvent sous la coupe de réseaux de trafic humain chapeautés par des proxénètes violents et immoraux. Georges Brassens l’exprime bien dans sa chanson : « La complainte des filles de joie ». Plusieurs gouvernements de droite comme de gauche durcissent la législation voulant par ce moyen faire disparaître la prostitution. Ils désirent ainsi répondre à la demande d’une France de plus en plus puritaine, morale et emprunte d’une obsession sécuritaire.

Hypocrisie ou moralité

 « Nos fantasmes sont-ils toujours politiquement corrects ? Correspondent-ils nécessairement à nos opinions éthiques ou morales ? » citation de Ovidie, la plus intello des actrices du X titulaire d’une licence de philosophie. « Cacher, c’est stigmatiser handicapés ou prostituées que je ne saurais voir », une façon de dire tout haut ce que tout le monde pense tout bas. Ils ne font pourtant de tort à personne comme le chante Brassens dans « la mauvaise réputation ».

 En conclusion, j'estime que nous devons arrêter l’hypocrisie : on ne peut pas à la fois compter les revenus de la prostitution dans le PIB Européen ainsi que pénaliser les prostitués et les clients dans certains pays de l’Union Européenne. Nous devons trancher : légaliser ou abolir le plus vieux métier du monde. Il serait peut-être bon, par un jeu sémantique de ré-ouvrir des maisons protégées par des fonctionnaires d’état où les prestations seraient tarifées et que nous pourrions dénommer « maisons des plaisirs et de l’enseignement sexuel ». Elles auraient alors un statut, un salaire et une protection sociale. La liberté et la sécurité des prostituées seraient garanties.

 

Brassens : La complainte des filles de joie

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