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Le Démocrate Idéaliste Rebelle[s]

Le Démocrate Idéaliste Rebelle[s]

Actualité, Débat, Reconstruction Politique, Philosophie, Ethnologie, Economie, Handicap et Divers c'est le programme que vous aborderez chaque jour en suivant le blog ! Je suis à l'origine de la création de la revue de philosophie de METZ "Le Jardin" et participe à la rédaction de Rebelle[s], magazine bimestriel national. Je souhaite faire de ce blog, un lieu de débat. Il a pour but d'ouvrir plusieurs pistes de réflexions sur des questions politiques, ainsi que publiques qui engagent l'avenir de la société Française et Européenne. Une façon de reprendre notre destin en main pour un auteur idéaliste qui voit le monde se plaire dans le désenchantement du monde.


L’équité par le consensus

Publié par De Bona Stéphane sur 25 Juillet 2016, 18:08pm

Catégories : #Philosophie

Le consensus coule-t-il ?

Le consensus coule-t-il ?

Le consensus est avant tout un acte volontaire qui demande patience et constance entre deux individus ou états qui veulent trouver un terrain d'entente.

Il faut consentir (latin, consentire) et faire des concessions pour faire un bon consensus synonyme de stabilité dans le temps. Le consensus est la recherche du juste milieu aristotélicien.

 

Le juste milieu

 

La recherche du consensus entre deux parties permet d'éviter les conflits et d'établir la vertu du consentement comme juste moyenne. Comme le dirait Aristote, dans Ethique à Nicomaque : « ainsi tout homme averti fuit l'excès et le défaut, recherche la bonne moyenne et lui donne la préférence moyenne établie non relativement à l'objet, mais à nous ». Le juste milieu n'est donc pas une faiblesse ou de la mollesse, mais l'expression de la sagesse des deux parties.

 

 

Exigences et vertus du consensus

 

Le consensus demande de savoir user de diplomatie et de bienveillance. C'est accepté de lier à l'autre une partie de son destin. Par le consensus, nous recherchons un consentement universel qui serait l'indice que nous nous rapprochons peu à peu de la vérité, c'est-à-dire de l'essence première ou nommer autrement Dieu. Mais, là encore ce n'est pas une preuve formelle de son existence.

Le consensus, parce qu'il lie les deux consentants, fait naître la responsabilité de l'un envers l'autre. Une fois le consensus établi, nous avons à la fois emmagasiné les forces mais aussi la vulnérabilité de l'autre. Cet accord nous rend soucieux de l'autre. Il est la preuve d'une prise de responsabilité qui nous engage tous.

Le consensus est plus une liberté qu'une contrainte. Il s'édifie souvent grâce à la sagesse, la bonté et l'humilité de l'humanité. L'humilité est une valeur dont nous manquons beaucoup ! Le progrès et la recherche scientifique nous ont fait croire que tout était possible. Pourtant, en éliminant le dialogue et la concertation, l'humanité court certainement à sa perte pour la seule recherche du profit et de son plaisir à court terme. Le consensus ne fait plus partie de notre vocabulaire. Il est même considéré parfois comme un aveu de faiblesse.

 

Le consensus : un concept pacifique

 

Nous avons la fâcheuse tendance aujourd'hui de vouloir imposer nos points de vue et de ne plus procéder au dialogue ou au débat qui amène au consensus. A l’opposé, la philosophe Chantal Mouffe : figure de la démocratie populaire (pensée néo-marxiste), dans son livre « l’illusion du consensus »1, évoque le conflit de deux blocs de pensées contraires pour faire naître une nouvelle ère. Nous ne recherchons plus la vérité, nous la détenons ! Cette position affaiblit et provoque le déclin de la civilisation européenne. C'est toujours par le dialogue et ensuite par le consensus que de nouvelles idées émergent et nous permettent de profonds changements de société sans violence, ni traumatisme.

 

Une position centrale rationnelle difficile

 

La querelle des universaux au Moyen Âge, nous a fait sortir de l'ère de la croyance pour entrer dans celle de la science. Durant cette période, la méthode du débat éristique nous a permis lentement de changer de paradigme pour arriver à notre modernité. Aujourd'hui, ce type de dialogue mouvementé n'est plus possible en France par manque d'écoute. Nous avons pourtant un besoin urgent de changement de paradigme pour éviter notre déclin. Puisque plus personne ne désire consciemment prendre des responsabilités et que nous prenons souvent des décisions au pied du mur, le consensus salvateur est impossible. Le coq français a beau se dresser sur ses ergots, il ne réussira plus seul dans une économie mondialisée. Nous devons aujourd'hui trouver un consensus européen pour garantir la liberté des peuples et celle de nos enfants face aux dragons asiatiques. Commençons à construire une véritable Europe politique par consensus avant de vouloir construire une zone douanière commune avec les États-Unis d'Amérique. Actuellement, la négociation du partenariat transatlantique du commerce et d’investissement est en cours. Elle a pour but d’harmoniser les normes d’hygiène et de sécurité entre les deux continents et d’abolir les droits de douane. Contrairement à la position de la France, la chancelière de l’Allemagne désire arriver à la signature d’un traité avant la fin du mandat de Barack Obama.

 

Comment peut-on enseigner le consensus ?

 

Cependant, nous devrions enseigner l'art du consensus lors des cours d'instruction civique. L'art du consensus réintroduit le respect et le souci de l'autre au cœur de notre république. Nous pourrions dire que l'art du consensus est la politesse des braves qui se réalisent par le dialogue et la sagesse. L'enseignement du consensus doit être fait à parts égales par les parents et le pouvoir politique. L'école et les politiques ne peuvent pas tout. Nous pouvons même dire que le consensus entre ces deux parties est rompu depuis longtemps. Les parents ne doivent pas seulement se reposer sur les institutions de l'État pour éduquer leurs enfants. Ce n'est pas Françoise Dolto qui a tort dans ses méthodes d'éducation, mais simplement les parents qui ont renoncé face à des enfants qui n'admettent plus le dialogue et la concertation. De plus, les parents donnent à l'école un rôle qu'elle n'a pas : «l'éducation des enfants», qui se base sur une erreur de vocabulaire. Nous devrions disjoindre les notions d'éducation et d'enseignement. L'école aurait pour rôle l'enseignement et l'apprentissage de la vie en communauté et aux parents l'éducation en donnant des règles de savoir-vivre à leurs bambins. Mais, tous deux devraient arriver au consensus par des dialogues constructifs et argumentés. Le consensus a l'étoffe d'un arbitrage juste et solide librement consenti.

 

1 « L’illusion du consensus » paru en 2014 aux Editions Albin Michel

L'équité salariale

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